C’est la question que tout repreneur se pose en premier. Le bar-tabac fait partie des commerces les plus recherchés à la reprise — réputé stable, rassurant, « qui tourne tout seul ». Mais derrière la moyenne se cachent des écarts énormes. Voici ce qui détermine vraiment le revenu d’un buraliste.
D’où vient l’argent d’un bar-tabac
Un bar-tabac n’a pas une, mais plusieurs sources de revenu, qui n’ont pas du tout les mêmes marges :
- Le tabac : gros volume de chiffre d’affaires, mais une marge réglementée et faible (la rémunération du buraliste tourne autour de 8 à 10 % du prix de vente). Le tabac fait du flux, pas forcément de la marge.
- Les jeux (FDJ, Loto, grattage, PMU) : commissions intéressantes et trafic récurrent. Souvent le vrai moteur de rentabilité d’un bon emplacement.
- Le bar (boissons, café, snacking) : la marge la plus élevée du fonds. C’est là que se joue une grande partie du résultat.
- Les services (presse, colis, paiement de proximité, jeux à gratter) : faible marge unitaire mais générateurs de passage.
Conclusion : deux bar-tabacs au même chiffre d’affaires peuvent dégager des revenus très différents, selon la part de chaque activité.
Les fourchettes que l’on observe
À titre indicatif, le revenu net mensuel que peut se verser un exploitant se situe le plus souvent dans ces ordres de grandeur :
- Petit bar-tabac de quartier : de l’ordre de 2 500 à 4 000 € net / mois.
- Bar-tabac bien situé, avec jeux : souvent 4 000 à 7 000 € net / mois.
- Gros bar-tabac-loto-PMU à fort passage : 7 000 à 10 000 € net / mois, voire au-delà.
Ces chiffres dépendent de l’emplacement, de l’amplitude horaire, du loyer et de la maîtrise des charges. Un même fonds peut basculer du simple au double selon la gestion.
Les leviers qui changent tout
Avant de regarder le revenu affiché, regardez ce qui le fabrique : l’emplacement et le flux piéton, la diversification (un point tabac qui ajoute jeux et PMU change de dimension), l’amplitude horaire (un bar fermé le soir laisse de la marge sur la table), et la maîtrise des charges (loyer, masse salariale).
Le piège du chiffre d’affaires
Le tabac gonfle le chiffre d’affaires sans gonfler la marge. Un fonds affichant un gros CA peut être moins rentable qu’un autre, plus modeste, mais mieux équilibré côté bar et jeux. Le bon indicateur n’est pas le CA : c’est l’EBE (ce qui reste réellement une fois les charges d’exploitation payées). C’est lui qui détermine ce que vous pourrez vous verser.
Autrement dit : ne demandez pas seulement « combien ça fait de chiffre ? », demandez « combien ça dégage ? ».
Reprendre intelligemment, ça commence par les chiffres. Estimez votre revenu potentiel, votre faisabilité et votre niveau de risque en 90 secondes avec le simulateur REPRISOR — gratuit et sans engagement.
Les fourchettes et estimations de cet article sont indicatives et non contractuelles. Chaque fonds de commerce est un cas particulier : seul l’examen des comptes (bilans, baux, charges) permet une évaluation fiable.
